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Le pays manque de 10.000 grosses PME performantes
[ 13/03/07  - 02H30 ]

Les grandes entreprises nationales affichent des résultats éclatants mais la France souffre encore de la faiblesse de ses PME, à la taille et aux performances insuffisantes.

La France peut être fière de ses champions. Malgré les difficultés d'industriels comme PSA, Renault ou EADS, les multinationales ont à nouveau dégagé l'an passé des bénéfices globalement éclatants grâce à une croissance mondiale toujours aussi vigoureuse. Total a même enregistré le plus gros profit (12,6 milliards d'euros) jamais réalisé par un groupe français. Beaucoup d'autres, comme BNP Paribas, Danone ou encore L'Oréal, ont aussi connu une année faste, en témoignent les 31 milliards d'euros distribués en dividendes par les entreprises de l'indice CAC 40, un record.

Ces arbres cachent cependant une forêt de PME aux résultats bien moins mirobolants. Comme le souligne un rapport du Conseil d'analyse économique (CAE), les performances des multinationales ne doivent « pas occulter le problème de la profitabilité moyenne des entreprises purement nationales », inférieure d'un tiers à celle observée en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis. Autrement dit, la croissance et l'emploi en France sont structurellement pénalisés par le manque de dynamisme des PME.

France Investissement sur les rails

Au coeur du problème : le faible nombre de PME ayant atteint une taille assez conséquente. Selon le CAE, « il manque l'équivalent de 10.000 entreprises de 300 salariés ». Beaucoup se heurtent à un « plafond de verre », autour de 50 à 75 salariés, au-delà duquel elles ne se développent plus ou sont rachetées par des groupes plus importants. Cet état de fait s'explique notamment par une offre trop éclatée et peu structurée de soutien aux PME, tant de nombreux dispositifs cohabitent encore en France. Un progrès notable a toutefois été effectué en 2005, avec la création d'Oseo, un établissement placé sous la tutelle du ministère de l'Economie et qui propose un large éventail d'actions de soutien au développement des PME. La principale innovation réside toutefois dans la création de France Investissement, un dispositif de financement en fonds propres des PME dynamiques appelé de ses voeux par Jacques Chirac début 2006 et désormais sur les rails. Le président de la République espère « réorienter l'épargne vers la partie la plus productive et dynamique de notre économie » et plus de 3 milliards d'euros devraient être ainsi injectés dans les PME ces six prochaines années.

Label Gazelle pour les champions

Le gouvernement tente, dans le même temps, de favoriser l'éclosion de « champions de demain » à même de tirer la croissance et de redynamiser le paysage. L'an passé, le label Gazelle a été remis à 2.000 PME à très forte croissance et oeuvrant dans les secteurs porteurs des nouvelles technologies et des services. Et, surtout, un statut d'« entreprises de croissance » vient d'être créé et leur accorde une batterie d'avantages visant à faire sauter les freins à leur développement. A commencer par le premier d'entre eux, le frein financier. Pour soigner leur trésorerie et éviter que leur élan ne soit brisé, elles bénéficient d'un gel de l'impôt sur les sociétés, d'un décalage du paiement des cotisations des nouveaux salariés et d'une possibilité de remboursement anticipé du crédit d'impôt recherche. Alors que le retard de la France en matière de propriété industrielle est incontestable, des mesures ont aussi été adoptées pour encourager l'innovation et le dépôt de brevets.

La France souhaite en outre, à l'instar de ce que font les Etats-Unis, réserver une partie des marchés publics aux PME françaises. Le pacte PME, lancé en 2005, encourage ainsi les grands acheteurs publics (DGA, CNES, CEA, ministère de l'Intérieur, SNCF...) à se tourner plus vers les PME pour passer leurs commandes. Pour aller plus loin et inscrire dans le marbre le principe d'une telle préférence nationale, la France a toutefois besoin d'une autorisation de l'Union européenne. Les négociations avec cette dernière, âpres, sont toujours en cours.

 
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